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Heimatschutz

Marguerite Burnat Provins - Autoportrait

Autoportrait, le doigt sur la bouche, s.d. [~1900], huile sur toile, 46,3 x 55 cm, Sion, Musée d’art du Valais, Suisse


Marguerite Burnat-Provins à l’origine du Heimatschutz

17 mars 1905, l’article intitulé Les cancers paraît dans La Gazette de Lausanne. Signé de Marguerite Burnat-Provins, il s’insurge contre les projets immobiliers qui viendraient déformer les paysages suisses tant aimés et appelle à la constitution d’une association de défense du patrimoine qu’elle nomme Ligue pour la beauté.

Le Heimatschutz (aujourd’hui Patrimoine suisse) est fondé et sera confirmé en assemblée le 1er juillet 1905, à Berne.
Le ton virulent utilisé pour stigmatiser les réactions n’épargne pas à l’artiste nombre de lettre anonymes d’injures, mais également autant de soutiens.
Pour exemple de cette atmosphère hautement électrique, voici deux extraits éclairants :

« Puissent ces lignes tomber sous les yeux de quiconque est qualifié pour prendre en main, plus efficacement que d’une manière platonique, la cause de la beauté qui est chez nous une cause nationale. Il arrivera, espérons-le, car il est grand temps, que, parmi tant d’intelligences et de volontés dévouées au bien public, quelques-unes se mettront au service du beau, public au même titre, car la magnificence d’un pays est le patrimoine incontesté de tous ses habitants. (…)»

Un deuxième article, intitulé précisément Une Ligue pour la beauté, paraît le 29 mars 1905, toujours dans la même Gazette de Lausanne:

« A tous ceux qu’ont atteints la douleur et l’indignation face à des ravages accomplis, je demande leur aide pour sauver ce qui subsiste encore, par une vaste et fraternelle association contre le vandalisme. Je la baptise dès aujourd’hui : la Ligue pour la beauté. (…) »